Lettres de Marcelino – La 11ème Compagnie de Travailleurs Espagnols (C.T.E)

Présentation des CTE et GTE

Les Compagnies de Travailleurs Espagnols furent créées sous le gouvernement Daladier par le décret du 12 avril 1939. Plus de 300 vont être implantées dans pratiquement tous les départements français (liste sur demande). Très rapidement le  » E » d’Espagnols va se transformer en « E » d’Etrangers. Ainsi, le 27 septembre 1940, les CTE sont transformées en GTE (Groupement de Travailleurs Etrangers). Il y reste 80% d’Espagnols.

Les CTE sont placées sous l’autorité du Ministère de la Guerre, encadrées par des militaires et affectées pour effectuer des travaux d’intérêt général ou stratégiques.

62 000 Espagnols sont versés dans les CTE. 7000 sont intégrés dans les régiments de marche étrangers et vont combattre en 1940 dans la Somme, en Alsace et dans les Ardennes. 8000 vont dans les régiments de marche de la légion étrangère, puis dans ceux de la France Libre. 9000 environ rejoignent les FFI.

Au début de la guerre : 15 000 Espagnols sont acheminés sur et autour de la ligne Maginot, 32 000 derrière les lignes (Loire, Paris, frontière Belge), 8 000 en zone non opérationnelle.

On estime les pertes à 18 500 (morts et blessés). 10 000 à 15 000 sont fait prisonniers et très souvent déportés. Il en reviendra seulement un millier (source liste des déportés).

Après la défaite de 1940, on va retrouver environ 53 000 Espagnols travaillant dans les GTE et pour l’organisation Todt, dont 41 000 sont issus des anciens CTE.

Concernant Marcelino et Juan 

Après la période dans le camp de concentration d’Argelès-sur-Mer, ils arrivent dans les Basses-Alpes le 1er mai 1939, et plus précisément sur la commune de La Condamine-Chatelard. A peine débarqués, ils sont dirigés vers la vallée du Parpaillon, où un camp de tentes Marabout vient d’être installé à 2058m d’altitude.

Le camp B

Le camp B, était installé au niveau du « Plan de Parpaillon ».

Les tentes Marabout en 1939

Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Photo aérienne de 1950

Les bases des tentes Marabout sont toujours nettement visibles.

Le même lieu aujourd’hui (Géoportail)

On distingue à peine au ras du sol les restes de cercles des tentes Marabout.

La piste en haut de la photo a été construite par les Espagnols et monte jusqu’au tunnel du Parpaillon.

Le « Plan du Parpaillon »aujourd’hui

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Si un jour vous passez par-là, ayez une pensée pour Marcelino, Juan et leurs compagnons.

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